Outil d’aide à la décision Mammite clinique non sévère en lactation : traiter si nécessaire et viser juste
Certaines mammites cliniques non sévères guérissent spontanément. Une première identification du germe par un outil de bactériologie rapide permet de n’utiliser les antibiotiques que si nécessaire.
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En cas de mammite clinique en cours de lactation, faut-il toujours avoir recours à un antibiotique ? « Une mammite clinique sévère, avec une hyper ou hypothermie et/ou avec des signes d’abattement de l’animal, est une urgence absolue », rappelle Patrice Ratier, responsable technique animaux de rente chez Vetoquinol. « Mais en absence de fièvre ou de dégradation de l’état général de la vache, le traitement antibiotique n’est pas toujours justifié, car certaines mammites vont guérir spontanément. » Ainsi, une mammite causée par E. coli, dans 80 à 90 % des cas, ne donne qu’un épisode d’inflammation passager et réversible. Un anti-inflammatoire seul est donc suffisant.
Quelle est la proportion de ces mammites ne nécessitant pas d’antibiotique ? « Difficile à dire, car le contexte microbien de chaque élevage est différent », répond Patrice Ratier. « Dans les élevages laitiers français, on estime qu’E. coli est responsable de 19 à 31 % des mammites non sévères. » Traiter ces mammites avec un antibiotique dès les premiers symptômes, alors qu’elles guériront toutes seules, revient à pénaliser son atelier : coût des antibiotiques, lait écarté, temps passé et complexité de la traite. A plus long terme, c’est aussi favoriser l’émergence de bactéries résistantes.
La bactériologie devient incontournable
Seul moyen d’identifier l’agent responsable d’une mammite : une bactériologie sur un prélèvement de lait du quartier infecté. « Les trois principaux freins à cette pratique sont le délai entre le prélèvement et le retour des résultats, les horaires d’ouvertures du cabinet vétérinaire et la distance qui le sépare de l’exploitation », commente Patrice Ratier. Pour lever ces freins, Vetoquinol a récemment mis sur le marché le Mastatest de la société Mastaplex, outil de diagnostic bactériologique rapide et connecté, réalisable au chevet de l’animal. En moins de 24 h, ce test identifie si un germe est présent et détermine son genre. Et si c’est une bactérie autre que E. coli, il est capable d’évaluer sa sensibilité à trois antibiotiques : pénicilline G, cloxacilline et tylosine, ainsi le vétérinaire pourra adapter sa prescription.
Le Mastatest vient de Nouvelle-Zélande. Son efficacité a été évaluée, par une équipe de vétérinaires et chercheurs, sur les mammites peu sévères de fermes locales (6 500 vaches au total dans 7 exploitations). En comparant le groupe des mammites traitées avec une antibiothérapie raisonnée après l’obtention du résultat du Mastatest et celui des mammites traitées avec une antibiothérapie systématique sans avoir recours à la bactériologie, les chercheurs obtiennent le même taux de guérison, mais avec 24 % d’antibiotiques en moins pour le premier groupe ! En France, les études ont par ailleurs montré une bonne concordance pour un test rapide entre les résultats du Mastatest et ceux des techniques classiquement utilisées par les cliniques vétérinaires.
Le Mastatest est connecté. Lorsque celui-ci est installé en élevage, le praticien reçoit les résultats de la bactériologie quasiment en temps réel (moins de 24 h), autant de temps gagné pour établir un diagnostic. Il prendra alors en compte non seulement les résultats de l’appareil, mais aussi les commémoratifs cellules, niveau de production laitière de la vache et mammites de l’élevage (et éventuellement les précédents résultats Mastatest) pour établir une prescription ciblée et adaptée, si nécessaire ! Comme l’éleveur analyse toutes ses mammites, grâce à la plateforme informatique, le vétérinaire connaitra les bactéries dominantes de l’élevage et pourra ainsi mieux l’accompagner dans la prévention.
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